Générateurs de récits

Nos vies sont construites de récits et d’expériences. De nombreuses techniques de communication et de marketing misent sur ces deux notions. Des plus coûteuses jusqu’aux plus modestes, des plus élaborées jusqu’aux plus simples, et si on s’en emparait ?

 

IMG_8773Générer du récit

Le récit est une des formes les plus appropriées pour transmettre une idée, un regard sur le monde, un point de vue, un engagement.

Des textes fondateurs religieux jusqu’aux romans nationaux, en passant par de grands auteurs engagés, les récits façonnent la perception de notre contexte. Ils nous projettent dans une lecture de la réalité. Certains iront jusqu’à penser que la compétence de l’Homme à se projeter en société tient dans sa capacité à croire dans les récits.

Ils sont parfois annoncés comme tels, dans des romans, des salles de cinéma ou de théâtre. Nous les acceptons comme tels et nous permettons d’y croire, au moins le temps de le lecture ou de la séance. D’autres fois, ils nous sont livrés sans dire leur noms à travers la publicité, l’information, les médias. La communication est devenue story-telling. Tout le monde raconte des histoires. Tout le temps.

 

cropped-image-3.jpgPuiser les récits au cœur des territoires

Quelque soit l’endroit où l’on se trouve, quelque soit le site, le paysage, le bâtiment, l’entreprise, celui-ci à forcément une histoire, des fondateurs, une philosophie, une heure de gloire, de mauvaises passes parfois. Il est particulier. Unique.

Quelque soit le territoire que l’on cherche à valoriser, il est bien attaché à une culture locale. Celle-ci véhicule des représentations et des pratiques particulières, des façons d’être ensemble, de connaître la nature, de s’y adapter, un imaginaire particulier. Parfois, même, elle a pu rayonner largement à certaines époques de l’Histoire.

Cette culture dit l’histoire, le récit de ce territoire, de ce paysage ou de cette entreprise. Si nous savons la recueillir et la transmettre, la raconter, nous créons alors une lecture unique de ce que nous cherchons à valoriser. Nous parvenons à le différencier. À le rendre particulier.

Là encore, attention à ce que nous voulons dire, ou montrer. Ne nous enfermons pas dans nos spécificités. Voyons les comme des ouvertures et des prétextes d’accueil.

 

sheep-690198_640Sauvegarder la mémoire orale, recueillir les récits

La mémoire orale est une source de récits. Les territoires sont peuplés de personnes à même de témoigner de faits historiques, sociétaux, de transformation sociale. Ils sont l’histoire des territoires, le regard des gens d’ici sur la grande Histoire, alors qu’ils l’ont vécu dans leur chair.

L’histoire d’un lieu, d’un monument, d’un site, d’un musée, d’une usine, d’une lutte sociale, d’une période d’espoir ou de crainte peut être racontée à travers la mémoire orale des personnes qui l’ont vécue.

De plus, nous sommes à un moment particulier de notre évolution. Les Hommes ont vécu en 50 ans plus de changement qu’ils n’en avaient connu en 1000 ans. Par chance, les témoins directs de ce bouleversement sont toujours en vie et peuvent le raconter, à travers le prisme du quotidien. C’est bien notre propre histoire qui est en jeu, vue par nos anciens, parents, grands parents, voisins, amis. L’histoire d’une société de paysans, bergers, éleveurs qui se transforme en une société de consommation, loin de la nature, et un dérèglement social qui s’installe sous leurs yeux. L’histoire de la crise, au fond.

 

crowd-2361583_640La mémoire orale, c’est aussi celle d’aujourd’hui

Tous les récits ne doivent pas s’écrire au passé. Les anciens nous racontent un changement d’ère. Le basculement le plus rapide que nos sociétés aient jamais connues. Mais nous le savons aujourd’hui, ce qu’ils ont vécu n’était que le début. C’est nous qui vivons maintenant dans le monde qu’ils ont vu naître. Notre mémoire sera sans doute aussi précieuse aux générations futures que nous l’est celle de nos anciens.

Notre mémoire portera aussi nos actes. Comment nous avons réagi face à la difficulté. Avons nous accepté notre sort ? Avons-nous été combatifs, inventifs, coopératifs ? Avons-nous cherché à tirer tous dans le même sens ? Avons-nous su prendre des risques ? Innové ? Cherché à nous émanciper d’une logique globale dont nous savons qu’elle met en danger la vie rurale ?

Chaque jour, sur tous les territoires, des citoyens, des entrepreneurs, des responsables associatifs, des bénévoles, des fonctionnaires, des élus prennent ces questions à bras le corps. Si nous parvenons un jour à sortir de la « crise », si nous parvenons à réorienter notre société vers une société plus respectueuse de l’humain et de la nature, alors ils en auront été les précurseurs. Et ils ne sont autres que… nous mêmes.

 

getImageLes récits peuvent transformer la réalité

Les récits que nous avons entendus, lus ou parfois appris, nous donnent une lecture de la réalité. D’autres nous sont distillés et viennent encore réécrire cette réalité. Un peu comme si les récits avaient ce pouvoir de modeler le réel.

Il nous faut donc, nous, territoires ruraux créer nos propres récits, raconter nos territoires, leurs traditions, leurs rapports au monde, mais aussi leurs combats pour maintenir une vie sociale et économique sous ces vents de métropolisation et de globalisation.

Nous pouvons aussi raconter les initiatives multiples, soutenues ou non par les politiques publiques, raconter une forme de réconciliation entre les citoyens et les pouvoirs publics, peut être même de nouvelles formes de coopération. Nous pourrions le raconter jusqu’à ce que cela deviennent vrai, jusqu’à l’inscrire dans la mémoire de nos enfants. Jusqu’à ce que ça « fasse culture ». La culture de demain.

Car oui, notre culture dit qui nous sommes. Aux autres comme à nous même. Elle conditionne aussi, au moins en partie, nos façons d’agir et de réagir.

Bonne nouvelle : la culture, ça se réinvente en permanence.

 


Nos accompagnements

 

Pour les territoires, les associations, les réseaux, les collectifs

Documenter et valoriser le patrimoine culturel immatériel

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  • Recueillir le patrimoine culturel immatériel à travers des recherches documentaires et des entretiens avec des personnes témoins.
  • Accompagner la réflexion sur une mobilisation stratégique des ressources immatérielles.
  • Proposer des projets de valorisation culturelle, artistique, touristique, économique.
  • Accompagner la mise en œuvre des actions.

 

 


L’équipe

François Lagorce, Christian Lavaud et Line Simon ont tous trois servi dans la fonction publique territoriale. Ils ont notamment contribué à la conception et à la mise en œuvre de la politique culturelle de leur département.

Un rédacteur observateur

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François Lagorce a été longtemps immergé dans la problématique de l’identité quant aux positionnements des territoires. Il a, en effet, organisé le démarrage de la politique de son département en matière de langue et de culture occitanes, mais aussi, dans ce cadre, collaboré avec des territoires plus avancés dans ce domaine, en Nouvelle-Aquitaine, et plus largement en France. Le plus intéressant fut de constater à quel point la question de reconnaître ou non les identités régionales relève d’une vision politique. Mais aussi de comprendre les bénéfices, la créativité retrouvée, l’adhésion sociale ou encore l’attractivité des territoires qui se placent dans cette démarche. Dans le cadre de ses missions, il a donc pu se faire une idée assez claire de la question des ressources identitaires comme éléments de stratégie territoriale. Il est également rompu à la conduite d’entretiens ethnographiques et à la valorisation de cette parole recueillie.

Un vidéaste passe partout

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Christian Lavaud, lui, après avoir exercé de nombreux métiers, a notamment réalisé près de 500 heures d’entretiens filmés à caractère ethnographique. Ces heures de films, réalisées en occitan à l’échelle de chaque commune de la Dordogne, dépeignent la vie quotidienne de ce territoire rural des années 50 à nos jours. Ce travail, qui a pris près de 10 ans, reflète le changement d’époque vécu par ces témoins, la déferlante de la mécanisation, l’effritement de la vie rurale avec ce qu’elle comportait de cohésion sociale, de solidarité, de compréhension de la nature. Ces témoignages sont précieux car ils sont une trace vécue d’un basculement de l’Histoire.

Une coordinatrice tout terrain

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Line Simon a d’abord exercé le métier de médiatrice culturelle. Sa tâche principale était de permettre aux publics d’entrer en communication avec des œuvres ou des artistes. C’est ce talent d’écoute, de compréhension, de reformulation qui est aujourd’hui mis au service des projets que nous accompagnons. De par les missions qu’elle a mené par la suite, elle a développé une expérience de la coordination de projets. Le plus souvent, c’est elle qui a les clés en main pour faire avancer au mieux les dossiers.

 

Vos collègues, le temps d’un projet

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Après des années de bons et loyaux services, ils décident de passer du côté des porteurs de projets en fondant la coopérative Ésope, support de la marque Occitània creativa.

Ils concilient aujourd’hui leur affinité avec la culture du service public et la satisfactions de devenir des entrepreneurs engagés dans le développement de leurs territoires. Le contexte a changé, mais pas eux.

Leurs compétences se croisent sans cesse, qu’il s’agisse de dialoguer avec les habitants, les élus ou les services techniques, créer du lien, mobiliser des réseaux, des dispositifs financiers ou encore inscrire une action dans une stratégie politique.

 


 

Les méthodes

 

Recueil de la mémoire orale


book-2617231_1280Repérage des personnes à rencontrer

Le plus souvent, c’est vous même qui connaissez le mieux les personnes à même de témoigner, de raconter le sujet que vous souhaitez valoriser. Nous assurons cependant, lorsque c’est nécessaire, un repérage complémentaire par le biais d’une enquête de terrain. Il peut s’agir d’explorer des réseaux associatifs, d’effectuer une recherche auprès des communes, des mairies, ou encore de mener l’enquête au sein d’un filière professionnelle.

 

collecte St Astier 098Réunions d’enquêtes collectives

Lorsque l’on cherche à brosser un sujet de manière large et complète, il est intéressant, une fois la phase de repérage accomplie, de procéder à des réunions d’enquêtes collectives.

En effet, il est bien plus aisé de faire appel à sa mémoire, de se souvenir de détails, d’en apporter de nouveaux en groupe. La mémoire des uns ravive en effet celle des autres et on peut espérer ainsi faire émerger une matière plus riche.

 

IMG_8826Entretiens filmés

L’audiovisuel permet de conserver la mémoire orale au même titre que le son. Ce support permet cependant de capter des informations complémentaires : communication non verbale, environnement, contextes, lieux.

Nous privilégions l’entretien de type « récit de vie », au cours duquel la personne est invitée à retracer sa vie depuis sa naissance, en passant parce qu’elle peut savoir des événement qui l’ont précédée, qu’elle a entendu raconter (la mémoire de la mémoire) jusqu’à aujourd’hui. Nous prenons ainsi le temps de nous arrêter sur les éléments qui nous préoccupent alors. Un entretien de ce type dure généralement entre une heure et une heure trente.

 

Problématisation et mise en projet


26Problématisation et vision territoriale

La mémoire se suffit rarement à elle même. Si elle représente un véritable enjeu dans le sens patrimonial du terme, il est souvent nécessaire de la mettre en regard avec nos enjeux contemporains. La parole, la vision des habitants, des associations, des élus ou des techniciens est souvent nécessaire pour venir rappeler « de quoi on parle », « ce qu’on est en train de faire », « pourquoi on le fait ». Nous nous autorisons donc des entretiens de fond avec eux afin de renforcer le sens de l’action menée, le partage de la stratégie, sur le territoire comme vers l’extérieur.

 

DSC_0072Intelligence collective

Sous ce terme à la mode (l’est-il toujours ?), se cachent des pratiques toutes simples. Il s’agit simplement de se donner un espace de partage et d’écoute. C’est la qualité de cet espace qui conditionne notre capacité à agir ensemble. Nous privilégions des ambiances de travail détendues et studieuses, où chacun pourra s’exprimer librement dans un débat constructif. Nous sommes là pour réfléchir ensemble, prenons-y du plaisir.

 

network-1246209_1920Implication et cohésion

Lors de nos missions, nous soignons votre projet comme nous soignons le nôtre. Vos problèmes deviennent les nôtres, vos ambitions et vos espoirs aussi.

Cependant, les consultants n’ont pas vocation à apporter des solutions toutes faites. Nul ne peut connaître et exprimer vos enjeux mieux que vous même. Nul autre que vous ne sait la pertinence d’associer tel ou partenaire, de prendre un risque calculé ou encore de se repositionner totalement.

Nous vous apportons simplement une aide pour formuler et clarifier ces enjeux, les partager au mieux, et les penser sous forme d’action. Nos expériences des politiques publiques, culturelles ou en matière d’innovation sociale, notre expérience de création d’entreprise, de développement de réseau, de dialogue, n’ont pas la prétention de vous apporter des solutions toutes faites. Elles ont l’ambition de les trouver avec vous, comme nous le faisons chaque jours pour nous mêmes.

Nous faisons en sorte que vous puissiez travailler dans de bonnes conditions, que vous puissiez aborder les bons sujets et les traiter en profondeur dans un climat de cohésion. Nous nous assurons de vous laisser une trace écrite et construite de ce travail. Un rapport suffisamment co-élaboré pour que vous et vos partenaires puissiez prendre des décisions en connaissance de cause.

Nous vous facilitons la tâche, vous permettons d’aller plus vite dans l’écriture de vos projets, mais c’est bien vous qui faites l’essentiel du boulot : mettre les bonnes personnes autour de la table et parler avec elles des bons sujets, dans de bonnes conditions.


 

Les outils

 

UDCCAS Animation de groupe 20-06_21-06 2017 (19)Métaplan

Nous prenons avec distance certains des outils d’animation qui régissent désormais le monde de l’animation territoriale. Nous concevons nos interventions comme des réunions de travail.

En terme d’outil, nous utilisons le métaplan comme une bonne vieille valeur sûre. On peut lui reprocher un côté un peu scolaire, il permet cependant de parvenir à une production écrite collective à travers l’expression, écrite et orale de chaque participant. Il nous assure une formulation collective et partagée tout en laissant leur place aux détails et aux précisions.

 

echelle6Communication interpersonnelle

Le temps que l’on prend pour réfléchir, élaborer, reconsidérer, se parler est un temps précieux. D’abord parce qu’il est pris sur une activité déjà élevée, il a fallu faire de la place dans les agendas. Ensuite parce que c’est dans ce temps là que vont peut-être se décider, ou se concevoir des choses importantes.

Il y a donc un enjeu à ce que ce temps soit vécu comme une bonne expérience et que chacun puisse constater que son temps est bien mis à profit. Pour répondre à cet enjeu, la qualité des échanges et la liberté de la parole sont des ingrédients nécessaires auxquels nous sommes attentifs en permanence.