Résistants le temps d’un séjour

Depuis une petite année, nous projetons la création d’un séjour touristique ludique. 3 jours et 2 nuits pour découvrir une destination de manière originale.

Dès votre entrée en Périgord, votre nouvelle identité, ainsi que votre mission vous seront communiquées. Vous allez devoir vous fondre très rapidement aux décors et apprendre à communiquer avec les autochtones. Votre séjour est un jeu de rôle.

Nous sommes en Périgord. Été 2019.

Mais, nul ne sait pourquoi, le temps s’est déréglé. Et par intermittences nous nous retrouvons projetés… en 1944.

Vous, vous êtes un résistant, ou une résistante. Ou encore une famille de résistants. Un réseau.

 

Balade à Durestal

Ce projet est la raison de notre balade matinale, ce vendredi 4 janvier, sur le site du maquis de Durestal.

Nous descendons de voiture avec une question en tête : Durestal pourrait-il être le théâtre d’une ou plusieurs scènes de ce jeu ?

Ce site, reconstitué, donne à voir un camps de maquis à peu près comme si on y était. Tel que ça devait être. Il revêt, de plus, un attrait particulier : ce lieu a bel et bien été un camps de résistants, et a vu passer des figures de nos livres d’Histoire. Nous ne sommes pas sur un terrain de jeu, mais sur un lieu de mémoire.

Avec le mémorial de Saint-Etienne-de-Puycorbier, et le futur espace mémoire de Rouffignac, Durestal est un des trois points qui, dans nos environnements proches, sont consacrés à la mémoire de cette partie si remarquable de notre Histoire.

 

Un séjour ludique, une aventure

Alors que nous bénéficions d’un accompagnement de la Région Nouvelle Aquitaine pour l’expérimentation d’expériences touristiques, nous nous tournons vers la question du jeu.

Nous faisons ce choix au regard de nos enjeux et objectifs de départ : proposer un produit touristique original, mais surtout valorisant pour le patrimoine culturel et porteur de sens.

Le jeu est pour nous une façon de conjuguer la mise en récit, la narration du territoire, et l’expérience de ce dernier, la rencontre et l’interaction avec sa culture, son Histoire, mais aussi – et surtout – avec ceux qui y vivent.

 

Le choix du thème

Nous savons depuis le début de notre aventure que nous souhaitons travailler sur la création d’un jeu, ainsi que sur la mise en valeur du patrimoine culturel – notamment parce que ces axes de travail sont ceux des principaux protagonistes de notre Pôle tourisme.

En revanche, le choix du thème de la résistance est assez récent. Pour ne rien vous cacher, nous avons exploré d’autres thèmes (et nous les gardons sous le coude !), comme par exemple celui de la culture occitane, dont la richesse de l’imaginaire fantastique et de la littérature orale nous semble également propice à faire appel à l’imaginaire du visiteur.

Finalement, le thème de la résistance s’impose un peu à nous de lui même, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il fait appel à une période bien particulière, ainsi qu’à un contexte particulier de notre histoire. Nous l’avons tous étudié à l’école, nous avons tous vu des films qui traitent de ce sujet : il est très présent dans notre imaginaire. Et donc propice à être raconté, scénarisé, joué.

De plus, c’est lors de notre mission auprès de la commune de Rouffignac, pour la création de son espace mémoire, que nous comprenons que cette période de l’histoire a encore besoin d’espaces de médiations, à la fois du côté de ceux qui en conservent la mémoire comme de ceux qui souhaitent la découvrir ou la redécouvrir.

Notre proposition consiste alors, plus qu’à créer un « produit touristique », à inventer de nouveaux espaces de récits, de transmission de ce qui représente pour nous tous un patrimoine historique commun.

 

Résistance et ruralité

Anciens résistants comme historiens s’accordent à le dire, s’il a été possible de résister ici, c’est d’abord parce que nous sommes à la campagne, et que la société rurale de l’époque était à même de produire la nourriture suffisante pour alimenter les camps. Rien n’aurait pu avoir lieu sans cette ressource ni cette complicité.

70 ans plus tard, et dans des conditions bien moins dramatiques, la question de l’alimentation et de ceux qui la produisent est toujours d’actualité. Elle fait référence, parfois, à une nouvelle forme de résistance tout comme au lien que nous entretenons avec ces producteurs. Il y a autour de cette question une préoccupation sociale, sociétale, croissante.

Cette remarque vient, pour nous, dessiner un autre axe du projet : Les « joueurs » devront, eux aussi, s’appuyer sur les producteurs locaux pour se nourrir, trouver leur nourriture, mais aussi pour recevoir ou transmettre des informations, croiser d’autres réseaux, trouver des réponses à leurs questions.

 

Premières idées de contenus

À l’issue de notre visite à Durestal, le site nous semble très propice à la création d’une animation ludique au format d’une journée.

Notre réflexion, maintenant, ainsi que nos démarches se portent sur le rapprochement avec des offres déjà existantes sur ce thème, à l’image de l’escape game de Périgueux, mais aussi les acteurs locaux, hébergeurs, producteurs ou artisans qui pourraient être parties prenantes ou partenaires du projet.

Il nous reste également à recueillir les contenus disponibles, notamment en terme d’histoires, d’anecdotes, de récits de résistants afin de créer le ou les scénarios du jeu.

Tout un programme. Celui des semaines à venir.

En attendant, nous sommes curieux de connaître vos points de vues sur ce travail. D’échanger et de réfléchir avec vous.

D’y travailler ensemble ?

 


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