Semaine 18_Où l’hôpital ne se moque pas de la charité

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Cette semaine on a tremblé, comme beaucoup. On a été indignés, apeurés en apprenant la terrible nouvelle : une foule violente a attaqué un hôpital, pénétré jusqu’aux portes des salles de réanimation, mis en danger la vie de personnes alitées, fragiles, vulnérables.

Puis, on a soufflé, on s’est détendus : en fait il s’agissait d’une erreur. Une erreur de langage, de vocabulaire, de mots.

Ouf.

Soulagés, on s’est remis au travail, en se disant que tout de même, c’est important les mots qu’on emploie. Et qu’il est bon de prendre le temps de trouver les bons.

De Rouffignac à Nontron, d’espace mémoire en récit urbain, des questions stratégiques aux enjeux de gouvernances, de nos modèles économiques à nos relations partenariales (tout ce qui nous occupe encore cette semaine), nous n’en mesurons que plus l’importance du dialogue, de l’échange, du partage. Des mots.

Tout comme l’importance, à chaque page de chaque dossier, de l’écoute et de la reformulation. Bref : de la compréhension mutuelle sans laquelle il n’y aura pas d’action pérenne.

Et même s’il nous arrive de mal en maîtriser l’art, celui-ci n’en demeure pas moins notre quête ultime.

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Rouffignac, l’espace mémoire


Lundi 29 avril

17h00, c’est la livraison officielle du chantier. Nous sommes assez nombreux. Nous voilà partis pour une « visite test ». Interphone, ouverture de la porte, allumage des lumières, utilisation de la maquette, visionnage du film. Tout roule. On se prend même à se laisser aller à la satisfaction intérieure du sentiment du travail bien fait. Une sorte de repos du guerrier, après le défi d’avoir monté cet espace dans ce temps record. La classe quoi. Lorsque…

– « J’ai l’impression qu’il manque des indications, des flèches par exemple, pour indiquer les différents interrupteurs, le fonctionnement de la maquette ».

– « Ah, alors… »

– « Et puis, au niveau du diaporama, ça serait bien d’avoir 3 photos par point, une avant l’incendie, une des bâtiments incendiés et une de la reconstruction ».

– « Oui mais… »

– « Et puis aussi… »

Bon, vous l’aurez compris, il reste encore quelques détails à régler. Rien de plus normal à ce stade de réalisation. On s’y colle donc. Pour ça, il sera nécessaire que l’équipe municipale rassemble toutes les images et les indexe, afin de ne faire qu’une seule implémentation supplémentaire.

Personne ne fait de remarque à ce propos, mais nous notons également un inconfort au niveau du son, qui a tendance à « tourner » dans tout l’espace. Nous penchons pour l’amortir à l’aide d’un rideau lourd à l’entrée de l’espace vidéo. On regarde ça tout de suite.

Et  bien non, ce n’est pas tout à fait terminé. On s’y remet, il y a donc des chances pour qu’on en reparle la semaine prochaine 🙂

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Itinérance nontronaise


Lundi 29 avril

Aurélie Brunat est paysagiste. Elle travaille à l’Agence technique départementale. Elle a été sollicité par la Ville de Nontron pour formuler des propositions d’aménagement de la Voie de Thame.

Ce matin, nous nous voyons pour aborder avec elle la question du projet d’itinérance de Nontron, et particulièrement le besoin d’intégrer l’artisanat d’art à l’aménagement de l’espace urbain. Nous sommes d’accord, et lui ferons part des informations que nous réunirons à ce propos, dans les jours et semaines à venir.

Au delà de la Voie de Thame, il pourra être intéressant de se poser la question à l’échelle plus large de la ville. Nous pourrons organiser une réunion, à ce propos et en présence de l’ATD, avec la Mairie et ses partenaires, probablement dans le courant de l’été.

 

Mardi 30 avril

Temps de travail téléphonique avec Thomas. On refait le point. Nous savons que les supports devront traduire un message, ce message sera révélateur de ce que Nontron veut dire au monde aujourd’hui: « je me réveille et j’ai de l’intérêt. Un intérêt sensible, un vécu, et j’ai quelque chose à vous faire vivre ». L’histoire qu’on écrira est, dans cette vision, un véhicule qui deviendra visible dans les supports. Leur forme, leur matériau, leur emplacement, sont liés à ce message et à ce qu’on va écrire et au travail de réflexion à avoir sur cette intention, voir cette ambition.

 

Jeudi 2 mai

10h00

Réunion avec les principaux acteurs du tourisme. En tous cas les partenaires institutionnels de la Mairie. L’office du tourisme, Présidente et salariées, ainsi que la Communauté de Communes, en la personne de son Vice président.

Il est question de leur présenter les avancées de l’étude, et de recueillir leurs points de vues à ce propos, ainsi que les points de connexions et de coopérations qui peuvent s’identifier entre ces différentes parties.

 

12h00

On fait le point en déjeunant avec Amandine et Élodie. Le gros morceau de notre semaine est de leur transmettre la matière suffisante pour terminer le rapport. Pour le moment, on est assez avancés sur les éléments de synthèse. Il nous reste, en revanche, pas mal de travail sur les aspects budgétaires. On a besoin, pour ça, d’un bon de temps de travail au bureau, et de quelques coups de fil. On y travaille.

 

14h00

Réunion avec l’équipe municipale en charge du projet. Nous avons besoin de nous entendre sur certains points. De préciser où sont les besoins réels, et quelles réponses ils pourront trouver dans le rapport. Il nous faut maintenant trouver une façon globale de positionner le projet à mettre en œuvre. Et également en prévoir un phasage un peu large, puis une première phase assez précise puisqu’il nous faut travailler sur le financement de cette première phase de réalisation.

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AGORE


Vendredi 3 mai 2019

Aujourd’hui nous étions à l’AGORE d’Iriscop.

L’AGORE, c’est l’Assemblée Générale Ordinaire Réunie Extraordinairement. Une instance prévue par les statuts pour réunir une assemblée générale, un peu extraordinaire, mais pas tout à fait. Une instance prévue pour que la machine puisse tourner même en cas de pépin, au cas où la manière générale de fonctionner, elle même définie par les statuts, ne puisse être assurée pour x ou y raisons.

La réunion s’est très bien déroulée. Pour nous c’était forcément un plaisir, et notamment le fait d’avoir des visages amis autour de la table, comme le photographe Bernard Plessy, notre voisin de bureau à l’Escale numérique. Même si ça nétait pas l’objet, nous avons pris le temps d’échanger sur la nature de notre présence au sein des associés de la coopérative.

Sur le chemin du retour vers l’Escale, on débriefe. On s’interroge, une fois encore, sur les façons, parfois complexes, de gérer nos structures. Nous montons des entreprises pour y développer nos activités professionnelles, pour gagner nos vies, déployer des modèles économiques, faire des « propositions au monde ». Et nous le faisons dans des conditions particulières. Ces conditions qui font que nous sommes « des acteurs de l’ESS » : gouvernances démocratiques des structures, recherche de l’intérêt général, statuts particuliers, associatifs ou coopératifs.

Pour beaucoup d’entre nous, on n’avait jamais, auparavant, monté d’entreprise. On découvre. On bosse pour se familiariser avec les notions de gestion, de fiscalité, de législation. En plus de la pratique de nos métiers bien sûr. Et puis, comme une obsession, une nouvelle, en plus de toutes celles qu’on connaissait avant : trouver du marché, avoir des contrats, faire entrer de l’argent dans la machine, pour éviter qu’elle ne s’arrête. Pour éviter que tout ne s’arrête.

Le lot de tout créateur d’entreprise en somme. Et quelle formidable aventure. Quel terrain de jeu. Quelle occasion de se confronter à soi-même, de se dépasser. Sauf que pour nous, entrepreneurs de l’ESS, la chose est un peu plus complexe encore.

Pour en revenir à la réunion, elle s’est bien terminée. Il était question d’élire un nouveau co-gérant, que nous trouvons en la personne de David Millet. Co-gérance partagée avec Bernard Plessy, notre ami photographe dont nous parlions plus haut. Nous pensons la structure entre de bonnes mains, nous avons confiance dans le duo.

On marche. Toujours sur le chemin du retour. On continue à réfléchir, à deviser. Les structures, les modes de gestions, de gouvernances, les stratégies à développer.  Nos espoirs, nos visions, nos utopies. Et puis aussi, une autre chose, c’est la première réunion d’Iriscop sans notre ami Bernard Bianchi. On reste en contact, bien sûr, on est toujours pleins de projets et d’envies. On s’en était juste, et peut-être un peu trop (?), fait la figure de la structure. Celui qui avait organisé notre rencontre avec elle. Dissocier les deux ne sera pas une petite affaire.

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