Semaine 19_Où on cherche à résister

 

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Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même.

Gorges Orwell, 1984

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Séjours résistants


Samedi 11 mai 2019

Séjours résistants. Deux mots qui, depuis des mois, s’articulent sur l’établi. Des pièces sont tracées, d’autres découpées. D’autres, encore, en cours de conception. Certaines sont à refaire, bien sûr. Et c’est le jeu.

Pour mémoire en voici les grandes lignes : dans le cadre de notre expérimentation sur l’innovation sociale, nous avons pour projet de créer un séjour immersif sur le thème de la résistance, un séjour de 3 jours et 2 nuits. Objectif : donner à vivre une expérience du Périgord à travers l’histoire de la résistance. Donner à voir, ou à imaginer, le quotidien des maquis, l’organisation, les réseaux, la peur de l’occupant, la détermination à résister, à ne pas lâcher. La fureur de vivre. Mais aussi, la solidarité, toute une population qui soutient ses guerriers clandestins, d’abord en ne disant rien, même sous pression, en fournissant des vivres, en rendant des services de toutes sortes. Et les paysans, les fermes, la campagne : la ruralité, sans laquelle on n’aurait pu résister. Partager cette histoire, la notre. À tout prix.

Alors que le projet prend doucement tournure, l’univers de la résistance, de sa mémoire et de ses acteurs d’aujourd’hui prend forme, peu à peu, dans nos esprits. Notre travail sur l’espace mémoire de Rouffignac nous a permis de rencontrer des acteurs, ainsi que la visite du mémorial de Saint-Etienne-de-Puycorbier, organisée le mois dernier par la Mairie.

Au fil des rencontres, des questions se soulèvent, et nous donnent à réfléchir. Les résistants, ceux qui ont pris le maquis et qui sont encore là pour en témoigner se font rares. Avec eux, et au fil des générations, s’étiole aussi le public présent aux rendez-vous des commémorations. On se souvient, certes. Mais peut-être un peu moins. C’est ce que l’on redoute en tous cas.

Dès lors, que faire de cette mémoire ? Comment la faire vivre ? Comment la transmettre, nous assurer qu’elle perdure, qu’elle nous survive ? Et si on venait à la perdre, quelles conséquences ?

Et puis, il y aurait comme une transition à effectuer, enfin, c’est ce qu’il nous semble, et pardon si le terme est à la mode. Les résistants eux-mêmes, anciens combattants, encore porte-drapeaux, nous quittent un à un. Nous rencontrons des associations, dépositaires de la mémoire et parmi leurs membres, les enfants et petits enfants de ces résistants. Une histoire de famille, ou presque. Mais le cercle se restreint, inutile de le répéter. Et qui, demain, fera vivre ces associations ?

En parallèle, de nouveaux acteurs, publics ou privés semblent vouloir s’emparer du sujet. On parle de tourisme de mémoire, de stratégies ou d’attractivité territoriales, d’offres, de produits touristiques, de modèles économiques. Presque des barbarismes pour ceux qui ont su vaincre la barbarie. Et nous, à chaque sortie sur le terrain, ou presque, on entend cette question : est-ce qu’on peut faire de l’argent sur cette mémoire là ? Est-ce qu’on peut chercher à construire des modèles économiques là où des bénévoles ont mis tant d’énergie pendant des décennies ?

De quoi nous amener à nous questionner sérieusement sur tout ça. Il semblerait que nous ayons besoin de dialoguer encore, quelque soit le temps que ça prendra, avec les acteurs et transmetteurs de cette mémoire.

Promis, on en reparle bientôt.

Crédit photos
1/Tournage "Resistance" 17/08/09 au 26/08/09
Réal : Cyrille Collin
Prod: Les films du Leberou 34 rue des anciens combatants d'algérie 24600 Riberac
Image : Bernard Plessy
2/@ Occitània creativa

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Rouffignac, l’espace mémoire


De résistance il est encore question. Tiens tiens.

Un échange de mail, un sous-titre à rajouter : Notre vécu, notre mémoire. Christian l’intègre, mais la version finale n’est toujours pas là, nous avons encore à légender les photos des endroits en ruines.

Nous participons au Co-pil qui signe la fin de ce projet, et ouvre la suite, les perspectives pour cet espace. Chacun est amené à faire un retour sur le déroulement, son vécu, son ressenti, son avis et ses idées pour après. La table est unanime, nous sommes contents du travail et tenons à nous remercier les uns les autres. Quelle aventure et quelle gageure.

Nous sommes à une aube, il va y avoir beaucoup à faire pour que ce lieu soit valorisé, vu et trouve sa place dans l’environnement naissant des « lieux de mémoire » en Périgord. Des idées émergent, ici aussi; événements, animations, conférences, profiter de la présence de l’Office de Tourisme pour bénéficier de ses publics ? Que faire pour ça ? Quels acteurs porteront ces futurs projets ?

Aujourd’hui, Rouffignac est devenu un acteur incontournable de la mémoire de la résistance en Périgord.
Qu’en feront les Rouffignacois ? Demain est dans leurs mains.

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Itinérance nontronaise


Pas de réunions, pas de rendez-vous cette semaine. Nous voyons se terminer les rendus que nous devons pour la finalisation du rapport.

À partir du travail de Thomas sur la pré-interprétation et ses propositions d’outils et supports de médiation, nous établissons une estimation budgétaire. Nous proposons également un budget prévisionnel plus global qui permet d’envisager les besoins pour mener à bien ce projet. Et ce sur 2019 et 2020. Nous l’accompagnons de notre synthèse agrémenté d’extraits de notre plan de vol (gantt).

Synthèse qui en substance dit : on démarre par la voie de Thame, on l’envisage comme « site pilote », on met en place la démarche pour une signalétique en ville portée par les artisans d’art, et on monte la cellule d’écriture avec le CPIE. Pour le reste, on sait qu’il est bien trop tôt pour le manifester dans une projection méthodologique. Il faut commencer, se mettre en mouvement, l’avenir est à venir.

L’aventure continue.

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