Séjours résistants

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L’équipe tourisme travaille à la conception d’un séjour immersif. Objectifs : séjourner en Périgord de manière originale, être actif, vivre une expérience forte et faire appel à l’imaginaire.

Un thème : la résistance, le maquis; cette partie de l’Histoire où tout un peuple se voit contraint de prendre son destin en main, ou des personnes ordinaires se mettent à accomplir des actes extraordinaires.

Un principe : s’immerger dans le sujet, à travers des rencontres, des lieux, des énigmes ou des recherches.

Une problématique : la mémoire n’est pas un produit. C’est plutôt l’activité touristique que nous cherchons à considérer comme un espace de médiation, un vecteur de transmission. Cette mémoire doit être valorisée, mais pourtant, perd de la place dans la conscience collective. Pas simplement un tourisme de mémoire, mais également un tourisme social, voire sociétal.

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Résistants le temps d’un séjour

Depuis une petite année, nous projetons la création d’un séjour touristique ludique. 3 jours et 2 nuits pour découvrir une destination de manière originale. Dès votre entrée en Périgord, votre nouvelle identité, ainsi que votre mission vous seront communiquées. Vous allez devoir vous fondre très rapidement aux décors et apprendre à communiquer avec les autochtones. Votre séjour est un jeu de rôle. Nous sommes en Périgord. Été 2019. Mais, nul ne sait pourquoi, le temps s’est déréglé. Et par intermittences Lire la suite

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4 janvier 2019


Matinée glaciale pour la visite du maquis reconstitué de Durestal. Voilà ce qu’en dit le carnet de bord de cette semaine là :

On s’y promène, on y a froid. C’est austère. Les copains imaginent plein de truc pour la conception du séjour.

On en parle jeudi prochain. Ambre,  Élodie et Sandra ont rendez-vous avec Nicolas Cournil (Archives départementales) lundi.

Au programme de notre prochaine réunion :

  • Mise en commun du matériau
  • Premières pistes pour l’élaboration du programme
  • Prochaines étapes/comment on avance

Petite réflexion au sortir de la visite : quelle adéquation entre un lieu de mémoire et une étape touristique ? Parlons nous de divertissement ? comment faire la jonction entre ces notions, ce lieu à une nature, une fonction et une certaine façon de fonctionner qui en découle. Qu’est-ce que nous « déstabilisons » en le convertissant en lieu d’accueil pour touriste ? peut-être réfléchir aussi la nature du touriste/isme ? Qu’est-ce que nous souhaitons véhiculer ? Voir promouvoir ?

Une réponse dans une forme de conscience, dans le sens des choses et des actions. Mais, comment travaillons-nous une conscience de ce qui se passe et de ce que nous faisons ? Penser la nature et le rôle des choses et des actions que nous utilisons. Est-ce que la question se trouve dans une attention à ne pas dénaturer ces éléments ?

Et qu’est-ce que la notion de tourisme, et d’expérience là-dedans ?

Qu’est-ce qu’on donne à vivre ?

Comment on aborde la notion même de résistance ?

Projetons nous les éléments du présent dans un passé ?

Ou projetons nous le passé sur notre présent ?

Quelle vision donnons nous ?

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10 janvier 2019


Nouvelle réunion. Avec Sandra de France Impression Voyage.

Il s’agit de se donner les derniers éléments de contenus collectés et notamment ceux que Nicolas Cournil des Archives leur a transmis.

L’écho à notre projet est toujours favorable.

Thomas et William nous font part d’un essai de scénario pour les trois jours.

On partage quelques problématiques qu’il va nous falloir intégrer à notre démarche :

  • Si c’est un jeu, il faut un intérêt, quelque chose à gagner : le penser
  • Éviter le folklore et ne pas essayer de faire vivre un temps passé, mais plutôt s’appuyer sur les traces du passé pour enquêter et le découvrir, le sentir, l’éprouver à travers notre époque.
  • L’autonomie et l’accompagnement ? comment on organise, quelle logistique ?

On souhaite faire un essai à Durestal le 4 août prochain, un jeu de 2 heures. Il nous faut en parler aux intéressés pour voir ce qu’il est possible de faire.

  • Prendre rdv avec Martine Chevineau (Superigueux)
  • Prendre rdv avec Alain Guntz (OT vallée Vézère) pour lui présenter le projet dans son ensemble, avent qu’il soit parti.

Et puis, François a écrit un article qui raconte notre intention.

  • dernière relecture et envoi à une liste ciblée.

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17 janvier 2019


L’article de François est diffusé.

Nous sommes contactés dans la foulée par Alain Guntz, de l’Office de tourisme Vallée Vézère. On convient de le rappeler pour le rencontrer lorsque nous aurons avancé sur le contenu du séjour. Comme il y a déjà des parcours qui existent sur Rouffignac, il se demandait dans quoi s’inscrivait notre projet. Il nous faut en discuter plus avant avec lui.

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8 mars 2019


Et puis, toujours avec Thomas, on voit Martine Chauvineau, directrice adjointe de Superigueux. On devait lui présenter notre projet une fois qu’il aurait évolué, c’est chose faite. Nous évoquons ensemble l’opportunité de s’intéresser au tourisme de mémoire, ainsi que des nouveaux sites à valoriser sur le territoire autour de cette thématique.

Thomas réfléchit également à des propositions d’animations pour les scolaires, et pour un public d’excursionnistes. Là, typiquement c’est lui qui peut être à la manœuvre, il a la compétence et bosse avec le Comptoir des sports nature pour toutes ces animations. Ce qui nous fait dire qu’il va nous falloir les rencontrer également pour voir ensemble comment on se complète, comment chaque structure trouve son espace pour mettre en œuvre ses compétences.

Coopération, quand tu nous tiens 🙂

Et là, c’est pas de la théorie.

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6 mars 2019


En compagnie de Thomas nous rencontrons Olivier Peny, de l’association « La mémoire de nos pères ». Il nous présente l’activité de son asso, et notamment sur le site de Durestal. Nous lui racontons notre projet de séjour immersif, et il accepte que nous fassions un « test » lors du week-end de reconstitution les 20 et 21 juillet prochain.

Nous lui demandons également s’il serait d’accord pour participer à un groupe de travail sur le thème de la Résistance. Il en est un acteur majeur en Dordogne, en lien avec tous les réseaux, il est une véritable ressource, et donc incontournable pour nous.  Nous nous sentons sur la même longueur d’onde pour ce qui est de la démarche : on se rencontre, on se parle, on voit les différents acteurs et on prend la mesure, on essaie de faire quelque bricoles ensemble, on se file peut-être des coups de main et on voit comment on s’entend.

Voilà, en somme, ils sont engagés et travaillent depuis des années, et si on a des choses à leur apporter, peut-être en terme de valorisation de leurs actions et de leur implication, il nous faudra nous aussi leur donner à voir ce qu’on fait. On se dit donc qu’on doit pouvoir trouver à articuler nos compétences et savoirs-faire. En tout cas, nous c’est sûr, on a besoin d’eux. On a pas fini d’en parler 🙂

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14 mars 2019


C’est la reprise pour le groupe, voilà de longues semaines que nous ne nous sommes réunis au complet.

Alors, c’est l’occasion de raccrocher les wagons pour tout le monde. On se donne des nouvelles de ce qui a été fait, de qui nous avons vu, de que nous sommes dit. Sandra nous apprend qu’il serait possible de rencontrer un résistant, de nous entretenir avec lui et pourquoi pas de filmer son témoignage ? Ce qui donne à Ambre l’opportunité de sortir sa caméra pour faire ce travail.

Nous discutons longuement sur notre positionnement dans un paysage aux nombreux acteurs implantés et légitimes.Nous nous rappelons à nous même que notre entrée principale est celle de la médiation du patrimoine historique, culturel, immatériel que représente l’Histoire de la Résistance en Dordogne.

Nous travaillons également sur les scénarios, sur leurs aspects pratiques et organisationnels, puis sur des aspects plus « écrits », nous réfléchissons à son récit, ses fondements, ce qui pourrait se dérouler, la mission, et dans quel rôle nous plaçons notre participant.

Et puis, on se donne quelques devoirs :
– nous continuons à travailler avec le terrain et ses acteurs (rencontres, compréhension, transmission, ajustements),
– nous élaborons et préparons « un jeu-test » pour le week-end de reconstitution du 20 et 21 juillet au maquis de Durestal.
– nous nous préparons à la rédaction d’un document/dossier de présentation de notre projet, nous avons aujourd’hui suffisamment d’éléments concrets à articuler au concept de base.

Enfin, Ambre propose de documenter la création d’un séjour touristique, de suivre la démarche pour en faire un objet qui communique et valorise le travail de l’équipe, on est tous d’accord.

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18 mars 2019


Reconstitution au Maquis du Durestal © Association La Mémoire de nos pères

Le document de présentation est en cours d’écriture, les éléments recueillis et travaillés depuis le début de notre travail ensemble trouvent petit à petit leur place dans un déroulé qui articule intentions, problématiques, partenaires et contenus d’expériences.

Et nous rencontrons cette annonce de concours lancé par le département et le CDT, nous le soumettons à l’équipe qui a l’air prête pour y réponde. Une façon de faire connaître notre intention et notre séjour ? Et de se mettre dans la dynamique TINA ?

Nous avons aussi revu Jean-Paul et Olivier et ils sont d’accord pour qu’on se voit courant avril, l’occasion de mieux se connaître et de penser à des actions que nous pourrions mener ensemble, peut-être d’ores et déjà se projeter dans le weekend du 20/21 juillet et faire la proposition de constituer un « groupe résistance » en Périgord ?

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25 mars 2019


Thomas nous a fait passer l’invitation à une visite « pro » du mémorial de la Résistance à Saint-Étienne de Puycorbier. Nous y allons avec William. On traverse un bout de forêt de la Double, on se laisse saisir par ce qu’elle dégage, par son atmosphère, quelque chose nous appelle, on irait bien y voir, on y entrerait bien, mais, ce n’est pas le temps de « ça », alors, va pour ce temps dans le mémorial de Saint-Étienne.

Et c’est à voir, le parti-pris architectural/scénographique composé de murs de béton entrecoupés de poutrelles de fer rouillées, appuyés par des biseaux et des interstices, nous disent froid, dur, enfermement, violence, mais aussi espoir, même fin. Le tout arrosé d’un univers sonore un peu mécanique, parsemé de photo en grand format, originales et impressionnantes. Et pour finir, trois films avec des paroles de résistants à visées informatives et des vitrines d’objets du maquis.

La cerise de cette matinée, c’est la rencontre avec Patrice Rollie, historien ethnologue qui est un passionné (c’est lui qui est la cheville ouvrière de ce projet) et qui lance son activité de guide de site de mémoire. Nous avons échangé nos cartes, on le rappellera vite.

En prime on a vu des chèvres 🙂

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Samedi 11 mai 2019


 

Séjours résistants. Deux mots qui, depuis des mois, s’articulent sur l’établi. Des pièces sont tracées, d’autres découpées. D’autres, encore, en cours de conception. Certaines sont à refaire, bien sûr. Et c’est le jeu.

Pour mémoire en voici les grandes lignes : dans le cadre de notre expérimentation sur l’innovation sociale, nous avons pour projet de créer un séjour immersif sur le thème de la résistance, un séjour de 3 jours et 2 nuits. Objectif : donner à vivre une expérience du Périgord à travers l’histoire de la résistance. Donner à voir, ou à imaginer, le quotidien des maquis, l’organisation, les réseaux, la peur de l’occupant, la détermination à résister, à ne pas lâcher. La fureur de vivre. Mais aussi, la solidarité, toute une population qui soutient ses guerriers clandestins, d’abord en ne disant rien, même sous pression, en fournissant des vivres, en rendant des services de toutes sortes. Et les paysans, les fermes, la campagne : la ruralité, sans laquelle on n’aurait pu résister. Partager cette histoire, la notre. À tout prix.

Alors que le projet prend doucement tournure, l’univers de la résistance, de sa mémoire et de ses acteurs d’aujourd’hui prend forme, peu à peu, dans nos esprits. Notre travail sur l’espace mémoire de Rouffignac nous a permis de rencontrer des acteurs, ainsi que la visite du mémorial de Saint-Etienne-de-Puycorbier, organisée le mois dernier par la Mairie.

Au fil des rencontres, des questions se soulèvent, et nous donnent à réfléchir. Les résistants, ceux qui ont pris le maquis et qui sont encore là pour en témoigner se font rares. Avec eux, et au fil des générations, s’étiole aussi le public présent aux rendez-vous des commémorations. On se souvient, certes. Mais peut-être un peu moins. C’est ce que l’on redoute en tous cas.

Dès lors, que faire de cette mémoire ? Comment la faire vivre ? Comment la transmettre, nous assurer qu’elle perdure, qu’elle nous survive ? Et si on venait à la perdre, quelles conséquences ?

Et puis, il y aurait comme une transition à effectuer, enfin, c’est ce qu’il nous semble, et pardon si le terme est à la mode. Les résistants eux-mêmes, anciens combattants, encore porte-drapeaux, nous quittent un à un. Nous rencontrons des associations, dépositaires de la mémoire et parmi leurs membres, les enfants et petits enfants de ces résistants. Une histoire de famille, ou presque. Mais le cercle se restreint, inutile de le répéter. Et qui, demain, fera vivre ces associations ?

En parallèle, de nouveaux acteurs, publics ou privés semblent vouloir s’emparer du sujet. On parle de tourisme de mémoire, de stratégies ou d’attractivité territoriales, d’offres, de produits touristiques, de modèles économiques. Presque des barbarismes pour ceux qui ont su vaincre la barbarie. Et nous, à chaque sortie sur le terrain, ou presque, on entend cette question : est-ce qu’on peut faire de l’argent sur cette mémoire là ? Est-ce qu’on peut chercher à construire des modèles économiques là où des bénévoles ont mis tant d’énergie pendant des décennies ?

De quoi nous amener à nous questionner sérieusement sur tout ça. Il semblerait que nous ayons besoin de dialoguer encore, quelque soit le temps que ça prendra, avec les acteurs et transmetteurs de cette mémoire.

Promis, on en reparle bientôt.